Dernier livre Serena Giuliano

Volare de Serena Giuliano : un roman doux-amer entre dépression et soleil sicilien

« Et si ce n’était pas la vie qui manquait de saveur, mais toi qui avais perdu le goût ? »

Ce n’est pas une citation du livre. C’est ce que j’avais envie d’écrire après l’avoir refermé. Volare de Serena Giuliano, c’est exactement cette question-là, posée avec beaucoup de douceur, un peu d’humour, et des décors qui donnent envie de faire ses valises.

Je vous dis tout dans cet avis de lecture, sans filtre, et sans spoiler inutile.

Volare de Serena Giuliano : de quoi ça parle ?

Ambre a, sur le papier, une belle vie. Un métier qu’elle aime, entourée d’ados en pleine crise d’identité (et on se demande parfois qui aide l’autre). Une meilleure amie, Manuela, excentrique et solaire comme seules les meilleures amies peuvent l’être. Des petites sœurs jumelles qu’elle chérit comme une mère. Et même un animal de compagnie un peu singulier, à l’aile brisée.

Et pourtant. Un matin, l’énergie ne répond plus. Le lit devient un refuge, puis une prison. La lassitude s’installe pour tout ce qui faisait le sel de sa vie. Le diagnostic tombe : dépression. Un mot qu’Ambre peine à accepter, parce qu’il contredit l’image qu’elle a d’elle-même.

Alors Manuela, fidèle à elle-même, prend les choses en main à sa façon : elle expédie Ambre en Sicile, dans une retraite spirituelle organisée par sa cousine. Ce n’est pas exactement le plan de rétablissement auquel Ambre s’attendait. Mais la Sicile, le soleil, les rencontres… parfois la vie se charge de faire ce que la volonté n’arrive plus à faire.

Ce que j’ai aimé dans ce livre de Serena Giuliano

L’amitié, d’abord. Manuela est un personnage qu’on ne peut pas ne pas aimer. Maladroite dans son amour, excessive dans ses solutions, mais d’une loyauté absolue. Serena Giuliano place l’amitié féminine au centre du roman, pas en arrière-plan, pas en faire-valoir. En moteur. Et ça, ça change tout.

Le sujet, ensuite. La dépression sans événement déclencheur évident, c’est celle qui est la plus difficile à reconnaître, à accepter, à expliquer aux autres. « Mais tu n’as pas de raison d’être malheureuse. » Ce roman rappelle, avec beaucoup de finesse, que la dépression ne demande pas l’autorisation d’arriver. C’est courageux de l’écrire ainsi, sans chercher à tout justifier.

Les paysages siciliens, bien sûr. Serena Giuliano a ce talent rare de faire voyager sans que le décor écrase le reste. La Sicile ici n’est pas une carte postale. Elle est une invitation à ralentir.

Les réserves que j’ai

Je vous l’ai dit, je suis honnête avec vous. Tout va un peu vite. L’histoire d’amour, certaines évolutions intérieures d’Ambre, le dénouement… On a l’impression que Giuliano avait beaucoup à dire et pas tout à fait le nombre de pages pour le dire vraiment. C’est dommage, parce que les fondations étaient là pour quelque chose de plus fort encore.

Si vous êtes une habituée de l’autrice, vous risquez peut-être de ressentir, comme moi, un léger manque. Pas de déception, non. Juste l’envie que ça aille plus loin, plus profond.

Pour qui est fait Volare ?

Pour vous, si :

  • la dépression est un sujet qui vous touche de près ou de loin ;
  • vous aimez les romans feel-good qui ne sont pas naïfs ;
  • vous avez besoin d’une lecture douce mais pas superficielle ;
  • vous avez un faible pour l’Italie (et qui n’en a pas ?).

Si vous avez aimé les romans de Mélissa Da Costa ou d’Agnès Ledig, vous retrouverez cette même capacité à traiter de sujets difficiles avec une lumière qui ne sonne pas faux.

Mon verdict sur Volare de Serena Giuliano

En bref, Volare n’est pas le roman le plus abouti de Serena Giuliano. Mais c’est un roman qui fait du bien, et parfois c’est exactement ce dont on a besoin. Il ose parler de dépression avec humour et tendresse, sans la banaliser, sans la dramatiser à l’excès. Il rappelle que la reconstruction passe souvent par les autres, ceux qui restent, qui s’agacent, qui font des erreurs et qui sont là quand même.

Je lui reproche sa vitesse. Je lui garde de la tendresse pour sa lumière.

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